Une société pérenne

La Société des Armaillis de la Fête des Vignerons n’a plus de secrets pour Denis Rohrbasser, qui en est membre depuis 24 ans et président depuis neuf ans. Si, lors de la Fête, la Société met ses armaillis à disposition de la Confrérie des vignerons, elle continue d’exister entre deux éditions : « C’est une société pérenne, avec des statuts et une assemblée générale. Nous sommes d’ailleurs présents sur d’autres événements, comme la Bénichon, des cortèges, des lotos, et même Basel Tattoo en 2010 qui était une magnifique expérience. » Lors de ces apparitions, les armaillis portent généralement le bredzon, mais de temps en temps ils revêtent des costumes d’anciennes éditions de la Fête des Vignerons, comme lors de la Désalpe des Quinquas à Fribourg en 2011. Pour Denis Rohrbasser, être président de cette Société de 130 membres, dont 50% d’agriculteurs, est un grand honneur, lui qui a été meneur lors de la Fête de 1999. L’une de ses décisions pour l’édition de cette année a été d’introniser les onze chanteurs du Ranz des vaches, ainsi que les deux directeurs : « Pour moi, c’était important que tous ceux qui sont dans l’arène à ce moment-là soient des sociétaires à part entière. »

200 ans d’amitié

C’est que cette édition de la Fête des Vignerons est spéciale pour la Société, car elle marque les 200 ans de présence des armaillis dans l’arène, avec une première apparition lors de la deuxième Fête, en 1819. Denis Rohrbasser prend le temps de nous expliquer cette relation si particulière qui unit les armaillis et les vignerons : « Le district de la Veveyse a depuis longtemps été tourné vers la Riviera. Dans les années 1800 déjà, il y avait de forts échanges commerciaux, lors desquels les fromages étaient descendus sur la Place du Marché de Vevey pour être chargés dans des bateaux. Les armaillis ont aussi toujours aidé les vignerons en tant que brantards, en allant porter les caissettes de raisins dans les vignes, ou en leur fabriquant des échalas en bois. Finalement, les vignerons avaient pour habitude de mettre leurs quelques vaches dans les pâturages sur les hauts de Châtel-St-Denis. » Vevey et la Veveyse sont donc de bons partenaires amicaux et commerciaux depuis longtemps, permettant à la Société d’être une des troupes d’honneur de la Fête et au canton de Fribourg de bénéficier d’une place de choix, très enviée, notamment avec le village fribourgeois au Jardin Doret.

L’importance de la flexibilité

En dehors de son rôle de président et de maître armaillis, Denis Rohrbasser travaille à l’Etat de Vaud, à la Direction générale de la mobilité et des routes. Il est également engagé dans d’autres activités, par exemple dans la Patrouille des Glaciers pour laquelle il est le responsable marketing. Allier tout cela avec la préparation de la Fête, que ce soit le spectacle ou la mise en place du village fribourgeois, demande une grande organisation et des journées bien remplies. S’il arrive à tout gérer, c’est aussi grâce à une flexibilité dans ses horaires : « Je vais généralement au travail très tôt le matin, comme ça je peux plus facilement me libérer pour les séances de fin d’après-midi et les répétitions qui ont lieu le soir ou durant le week-end. Il faut gérer, mais on peut s’y préparer car on sait en avance que ce sera comme ça. Cet été, je prendrai trois semaines un peu plus légères au travail, mais je devrai quand même rester connecté. Il n’y a pas tout qui s’arrête de tourner parce que c’est la Fête des Vignerons ! »

Plus que les AOP

Une chose est sûre : Denis Rohrbasser est attaché à sa région, à sa ville natale de Châtel-St-Denis et aux traditions de son canton. Mais il est heureux que le village fribourgeois de la Fête mise également sur d’autres aspects : « J’aime énormément le terroir, les produits de qualité et les AOP, mais notre canton ne se résume pas qu’à cela. Je trouve important de montrer aussi d’autres facettes de Fribourg, plus contemporaines et innovatrices, comme ses hautes écoles et ses pôles technologiques. » Ce qui n’empêche pas une dernière discussion sur la fondue avant de prendre congé : « Je ne suis pas difficile, j’aime les deux sortes. Mais mes enfants préfèrent la pur Vacherin Fribourgeois AOP. » Voilà qui annonce de futurs consommateurs avec de très bons goûts !